Google et le droit à l’oubli

Suite à un jugement rendu en mai par la Cour de Justice Européenne, le géant des moteurs de recherche Google est désormais tenu de respecter les voeux des utilisateurs en matière de droit à l’oubli.

Concrètement, cela ne signifie pas que les données concernant les gens doivent être effacées, mais que Google doit déréférencer les mentions du nom de la personne si elle en fait la demande – et si cette dernière est justifiée.

(c) Reuters

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De tous les pays concernés par cette nouvelle pratique, la France est celui d’où proviennent le plus de requêtes. Dans le Transparency Report publié récemment par la société, les chiffres révèlent l’ampleur de cette course à l’anonymat.

Depuis le mois de mai, Google a reçu près de 150 000 demandes en Europe, portant sur près de 500 000 urls. 28 000 de ces requêtes viennent de la France, qui est suivie par l’Allemagne avec 25 000 demandes de retraits.

Mais le déréférencement n’est pas systématique, loin s’en faut : près de 60% des demandes sont rejetées. En France cependant, ce chiffre tombe à moins de 50%, la plupart des souhaits étant jugés pertinents.

Retirer une page qui concerne la participation d’un mineur à un concours vieux de plusieurs années, ou des articles concernant une victime de viol, sont des demandes qui ont été jugées acceptables.

En revanche, un financier qui souhaitait déréférencer des articles sur son arrestation a été débouté.

La plupart des demandes sont liées aux réseaux sociaux, avec en tête le titan Facebook et sa base de données privées gargantuesque. On note aussi la présence récurrente de Yatedo et Yasni, deux agrégateurs automatiques d’information.

Après l’Europe, le droit à l’oubli gagne l’Asie : au Japon, le tribunal de Tokyo a été confronté à une plainte d’un particulier, dont le nom apparaissait dans les recherches Google de façon compromettante ?

Les articles les mieux référencés faisaient un lien entre lui et une organisation criminelle. En faisant valoir son droit à la vie privée, la victime a eu gain de cause. Le tribunal s’est appuyé sur la décision de la CJUE, qui fait désormais jurisprudence.

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