Quatre personnes jugées pour torture et séquestration au motif d’un exorcisme

Aujourd’hui, le procès de quatre personnes, membres d’une église évangélique, a démarré devant la Cour d’Assises de la Seine-Saint-Denis. Les individus sont accusés d’avoir séquestré et torturé une femme au pretexte qu’elle aurait été « possédée par la Diable ».

En première instance, des peines de 3 à 6 ans de prison avaient été prononcées et un appel avait été formé. Désormais, les prévenus risquent la prison à perpétuité.

Les faits s’étaient déroulés en mai 2011. Antoinette, 19 ans à l’époque, avait été retrouvée par des policiers après une semaine de calvaire dans un appartement de Grigny (Essonne). Elle venait de passer sept jours ligotée dans la position du Christ en croix sur un matelas posé au sol, sans eau ni nourriture.

© Blog Morandini

Les quatre suspects, originaires des Antilles, et la victime, venant du Cameroun, appartenaient à l’Eglise adventiste du 7e jour. Depuis plusieurs mois, ils formaient un groupe vivant en autarcie dans le même appartement, devenu une véritable salle de prière.

Le procès qui s’est ouvert aujourd’hui avec le rappel des faits et l’examen de la personnalité de Thérèse, 57 ans, la mère de famille qui hébergeait le groupe. « On vivait comme des frères et soeurs dans le respect de Dieu et de l’évangile », a-t-elle expliqué à la cour.

Pour les prévenus, l’exorcisme a fonctionné

Les trois autres individus poursuivis sont son fils Eric et deux amis. Considéré comme l’initiateur présumé des sévices, Eric était aussi le compagnon d’Antoinette.

Il avait indiqué au cours de l’enquête qu’un soir, voyant les symptômes d’une manifestation diabolique chez elle, il avait voulu la « libérer du diable ». Les accusés ont toujours nié les violences et ont réitéré la sincérité et le bien-fondé de cet exorcisme, en indiquant qu’il avait fonctionné, puisque le démon avait été chassé du corps de la victime.

Vendredi, l’un des prévenus, qui a purgé sa peine de trois ans d’emprisonnement, comparaissait libre et a reconnu les faits. Dans le box des accusés, les trois autres les ont fermement contestés. Le verdict est attendu dans une semaine.

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