Opération Triton, quand l’Europe surveille et protège ses frontières

Depuis un an, l’Italie mène dans ses eaux l’opération Mare Nostrum, pour venir en aide aux passeurs qui tentaient de rejoindre l’Europe par ses mers. Aujourd’hui, cette opération prend fin, remplacé par Triton.

L’opération Mare Nostrum avait débuté en Italie en octobre 2013, suite à la catastrophe de Lampedusa. Une embarcation transportant près de 500 migrants clandestins africains avait alors fait naufrage, dans une île italienne proche de la Sicile, causant la mort de 366 passagers.

Après ce tragique événement, l’Italie avait décidé de mettre en place cette opération de sauvetage menée par sa marine militaire.

Et elle ne fût pas vaine : en un an, près de 150.000 personnes ont pu être sauvés par cette opération (soit plus de 400 par jour en moyenne). Mais elle n’a tout de même pas pu empêcher la mort de 3300 migrants.

Aujourd’hui, c’est la fin de Mare Nostrum. L’Italie estime avoir « fait son devoir », après avoir dépensé environ 114 millions d’euros ces douze derniers mois, soit environ 9 millions par mois.

Une mesure européenne

nationspresseDorénavant, c’est l’opération Triton qui prends le relais. Et ce n’est plus seulement une initiative italienne, mais européenne ! En effet, plusieurs pays ont déjà annoncé leur participation : la France, l’Espagne, la Finlande, le Portugal, l’Islande, les Pays-Bas, la Lituanie et Malte. Ainsi, ces pays promettent de mettre à disposition du matériel technique et des gardes-frontières.

L’opération restera supervisée par l’Italie, qui devra cette fois de se contenter d’un budget mensuel de 2,9 millions d’euros.

Triton obtient donc des réactions plutôt mitigées. Tout d’abord, elle ne devrait pas se « substituer aux obligations de l’Italie », selon des sources européennes.

Mais surtout, Mare Nostrum était une opération de sauvetage … alors que Triton est plutôt une mission de contrôle des frontières et de surveillance. D’un autre côté, l’Italie était souvent critiquée pour cette aide donnée aux migrants illégaux, qui pouvait être vue comme un « encouragement » à la migration.

Partager >>