Exhibit B : polémique autour du racisme et des zoos humains

Brett Bailey, metteur en scène et artiste plasticien présente son exposition Exhibit B depuis quatre ans.

Son exposition traite du colonialisme et du post-colonialisme en mettant en scène cette période : une femme sur un podium, une odalisque enchainée, des mains d’esclaves coupées…

Mettant le spectateur en position du voyeur face à des acteurs mimant des esclaves, l’exposition est particulièrement troublante et culpabilisante et replonge instantanément le visiteur dans l’époque des foires aux esclaves et des zoos humains.

Même si elle avait, jusque-là, choquée par sa violente réalité, elle n’avait pas encore créé de polémique comme c’est le cas actuellement.

Que ce soit à Vienne, Bruxelles, Avignon ou Paris, son message de l’artiste était clair pour tout le monde : il dénonçait l’idéologie colonialiste.

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Malheureusement, depuis quelques temps des groupes d’extrême-gauche ont pris position pour les performeurs, considérant que l’artiste était raciste pour les mettre dans de telles positions.

C’est à son arrivée au Festival d’Edimbourg au Royaume-Uni que l’installation de Brett Bailey a commencé à déranger et être accusée de racisme. L’exposition a dû être déprogrammée à Londres.

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En France, Exhibit B devait s’installer au Théâtre Gérard-Philippe à Saint Denis avant de rejoindre le 104, mais la polémique qui n’était pas très importante au début du mois d’octobre prend de l’ampleur en cette fin de novembre.

Une pétition a été lancée par un militant anticapitaliste, John Mullen afin de faire interdire l’œuvre. Elle a déjà obtenu 20 000 signatures.

Une manifestation a eu lieu hier devant le théâtre Gérard-Philipe pour essayer d’empêcher l’ouverture de la salle et son installation.

Si les débats sont violents, c’est surtout parce que l’artiste blanc est considéré par la communauté noire comme mal placé pour parler de leur histoire.

La plupart des signataires et manifestants n’ont pas vu l’exposition, bien entendu, qui est là pour dévoiler les conditions de vie des esclaves et de forcer le spectateur à voir et surtout à regarder.

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