Reste-t-il un espoir pour les studios de Bry-sur-Marne ?

Si le nom de Bry-sur-Marne vous évoque un fromage flottant sur un fleuve, vous n’êtes sans doute pas familier avec les tournages de films en France. La ville abrite en effet un des plus grands studios de cinéma du pays.

Malheureusement, les tournage en studio se raréfient, et Luc Besson a récemment ouvert les portes de son propre complexe : la Cité du Cinéma. La victime toute trouvée de la nouvelle conjoncture semblait être la structure de Bry-sur-Marne, dont la fermeture a été annoncée l’an dernier.

Depuis l’annonce, les professionnels du cinéma s’insurgent, se mobilisent, et ont pris à coeur de tenter de sauver les studios historiques. Ouverts en 1987, ils ont abrités d’innombrables productions comme Un long dimanche de fiançailles, ou plus récemment le film américain Hunger Games.

Les studios ont longtemps appartenu à la SFP, la Société Française de Production, et ont été rachetés en 2001 par Euromedia, puis revendus à Nemoa en 2013. Ce bail-ci arrive à échéance en avril, et personne ne s’apprête à prendre la suite. Les locaux seront donc détruits si rien n’est fait pour l’éviter.

Une pétition circule pour sauver l’endroit. Elle a déjà été signée par de très nombreux professionnels du cinéma, au premier rang desquels on trouve évidemment les décorateurs, mais aussi des cinéastes célèbres comme Jean-Pierre Jeunet, Roman Polanski ou encore François Ozon.

Guy-Michel Marin, peintre décorateur, qui a connu l’époque de l’ORTF, s’exclame : “Ce serait un scandale de sacrifier ces ateliers. Il faut absolument lutter pour les préserver. C’est un lieu unique en France.”

François Combastel, chef décorateur, renchérit : “Il n’y a pas de structures équivalentes.” Les nombreux plateaux et leurs réserves d’accessoires inépuisables ne sont pas encore condamnés, comme l’espère la décoratrice Valérie Valero : “Si le stock de Bry disparait, ce sera dramatique pour construire des décors pas chers et pleins de vie. Dans beaucoup de films, on a besoin d’un commissariat ou d’un hôpital.”

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