Angoulême : les bancs grillagés suscitent la controverse

Lorsque l’hiver se fait rude, la situation des sans-abris devient encore plus difficile que le reste de l’année. Les initiatives pour les aider se multiplient, qu’elles soient alimentaires ou aient vocation à mettre un toit au-dessus de leur tête.

Pourtant, on note aussi quelques mesures étonnantes, donc la vocation est de faire disparaître artificiellement les SDF du paysage. Ainsi à Angoulême, la municipalité a fait installer des grillages sur neuf bancs publics durant la nuit du 24 décembre dernier, pour éviter la présence de sans-abris.

Les réactions ont été très vives parmi les personnalités politiques qui se sont exprimées à ce sujet : certains se sont simplement insurgés sur twitter, comme Henri Emmanuelli (député PS des Landes), Guillaume Garot (député PS de la Mayenne) ou Olivier Dartigolles (porte-parole du PCF), d’autres ont répondu aux questions des médias, comme Eric Coquerel (secrétaire national du Parti de Gauche) chez France Info, et certains sont même allés jusqu’à émettre un communiqué, comme Roger-Gérard Schwartzenberg (président du groupe radical RRDP de l’Assemblée Nationale).

Dartigolles a ainsi écrit “Démontons les grilles à Angoulême car c’est irrespirable comme climat. La France ça n’est pas ça. Ne laissons plus faire. Se relever et agir.” Quant à Garot, il écrivait “les bancs publics grillagés pour empêcher les SDF de s’y asseoir. Quelle honte ! C’est ça la France.”

Schwartzenberg, dans son communiqué, déplore : “Jusqu’où ira-t-on dans la maltraitance des plus démunis ? Avec les grillages d’Angoulême, les sans-domicile-fixe deviennent en plus des sans-bancs-publics, tenus à l’écart de certains lieux de la ville.”

Quant à Eric Coquerel, il s’est lamenté : “c’est un mauvais conte de Noël. C’est indigne, c’est insultant. […] Derrière la réaction par rapport à la décision du maire d’Angoulême, il y a la problématique du partage des richesses, avec aujourd’hui près de neuf millions de Français qui sont sous le seuil de pauvreté. […] S’il y a plus de pauvres, si on les voit plus, c’est parce qu’il y a des politiques d’austérité.”

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