Marianne vs Descroix-Vernier : joli match !

Tout est parti d’un article publié par le magazine Marianne visant la campagne de 2012 de Nicolas Sarkozy. Le magazine expose un email et des devis, signé par « le forgeron », un pseudo que les initiés ont souvent entendus dans les hautes sphères du pouvoir, de droite comme de gauche, sans pour autant parvenir à mettre un visage derrière. C’est chose faite puisque le Forgeron n’est autre que le multi millionnaire philanthrope Jean-Baptiste Descroix-Vernier.

Personnage discret, se tenant loin des médias, et contrôlant son petit empire numérique d’une péniche amarrée dans le port d’Amsterdam depuis des années. Descroix-Vernier passe pour un homme très cultivé, redoutablement intelligent, et au caractère bien trempé (lire par exemple : http://www.economiematin.fr/news-descroix-vernier-portrait-web-france ). Son sang n’a du faire qu’un tour à la lecture de l’article de Marianne, et sa riposte mérite de figurer en tête de l’anthologie du droit de réponse.

Le droit de réponse de Descroix-Vernier:

« Je resterai fidèle à Marianne, car j’aime ce journal, ses équipes, son ton, et je ne vous ferai pas de procès, même si la violation de ma correspondance est très contestable… Je ne ferai aucun procès parce que je me bats depuis des années pour un monde plus libre, et que la presse en est un élément essentiel. Je ne le ferai pas, aussi, parce que Marianne est un bon, très bon journal que je soutiens depuis longtemps. »

Ma première rencontre avec votre fondateur, Jean-François Kahn, remonte à plus de dix ans, à Lyon, à la même table que Najat Vallaud-Belkacem, je m’en souviens comme si c’était hier. JFK nous avait envahis, colonisés de paroles à la fois sages et révolutionnaires. Najat était élue locale à l’époque, et moi simple avocat gauchiste. Nous étions réunis justement pour soutenir un journal, Lyon Mag, un Marianne local.

Alors non, je ne vous ferai pas de procès.

J’aurais tout à gagner à un bon procès, pourtant, croyez-le bien ! Car tout ce que mes sociétés encaissent est déclaré, taxé, imposé. Car la transparence de nos comptes est contrôlée par un double degré de certification et par les autorités boursières (puisque nous sommes cotés). En plus, vous balancez des devis, pas des factures : et il se trouve, chère Marianne, que ces devis avaient été refusés par le client in fine !

Cependant, permettez-moi quelques regrets :

Je regrette que vous assimiliez les Pays-Bas à un paradis fiscal… C’est une grossière erreur, puisque les Pays-Bas font partie des pays qui appliquent un Impôt sur la fortune, un impôt sur le revenu élevé, un impôt sur les sociétés cohérent (25%), un taux de TVA élevé (21%), etc. Je vis à Amsterdam parce que j’aime ma ville, mon bateau, et que je m’y sens respecté et en sécurité. Je m’y suis installé bien avant d’être millionnaire, et je continue d’investir en France chaque fois que cela est possible.

Je regrette que vous écriviez que je n’ai « pas donné suite à vos questions ». Soyez sérieux, vous savez parfaitement comment me joindre depuis des années… Vous me suivez sur Twitter, vous avez mon e-mail perso, bref, là, c’est un peu n’importe quoi vis-à-vis de moi, et de vos lecteurs. Votre journaliste a envoyé un email sur le standard d’une de mes 23 filiales (eh oui…) à peine 10 heures avant votre bouclage (mais oui…). La secrétaire qui a reçu le mail a parfaitement fait son travail (message perso : coucou Ilham, on passe sur Marianne !), et le lendemain, j’ai eu vos questions. Seul problème : vous aviez déjà bouclé… Vous trouvez ça clean ? Honnêtement ? Vous pensiez me donner combien de nanosecondes de réaction à vos questions au milieu de ma gestion d’un groupe international de plusieurs centaines de salariés? Bref… Je vous joins l’email du journaliste en pièce jointe, et son horodatage…

Je regrette que vous ayez mentionné ma fortune, en oubliant de mentionner que je suis l’une des seules grosses fortunes de France à l’avoir partagée intégralement de son vivant.

Je regrette aussi que mon amitié avec Nicolas Sarkozy soit stigmatisée. Mais c’est de bonne guerre, Marianne est un journal de gauche. Je m’attends à ce que Valeurs actuelles, le « Marianne de droite », stigmatise un jour l’amitié profonde qui me lie à BHL, Pierre Bergé, ou d’autres. Je n’ai à rougir d’aucun de mes amis, de droite comme de gauche, tant qu’ils sont démocrates et républicains tout va bien pour moi, et seuls les extrêmes m’insupportent.

Je regrette enfin que vous n’ayez pas récupéré tous mes e-mails de l’époque. Un autre de mes clients me demandait (et achetait) en effet du CRM, du conseil et la compétence de ma société. Ce client me sollicitait exactement pour les mêmes problématiques que l’UMP, non à des fins électorales, mais pour augmenter facialement ses statistiques Nielsen, afin de mieux vendre ses publicités. Ce client, c’est tout simplement Marianne. Il se trouve que j’ai retrouvé une grande partie de nos échanges, avec votre direction, vos équipes, et même votre principal actionnaire. J’ai aussi retrouvé nos devis, et les notes détaillées que je vous ai envoyées, ainsi que vos réponses. Je vous joins par exemple quelques échanges, ainsi qu’un rapport que j’ai effectué à votre demande. Vous notez qu’il est tout aussi professionnel que celui que j’avais envoyé à l’UMP en son temps. J’en ai d’autres à votre disposition. Votre nom de domaine par exemple, « Marianne.net » : à votre avis, qui l’a négocié ? Mieux : qui l’a payé ? Damned ! Encore ce type avec des tresses rasta, qui déteste la politique, les « droits de réponse » et Monsanto…

La vraie question qui se pose est donc :

Nous constatons que Marianne et Sarkozy demandent les mêmes conseils au même expert et sollicitent les mêmes services de la même société (la mienne en l’occurrence). Impossible que ce soit parce que Rentabiliweb est une entreprise performante et ultra efficace, bien sûr… Impossible que ce soit parce que mes conseils sont justes, compétents ou avisés… Evidemment… Impossible aussi que ce soit justifié par les technologies pointues dont mon groupe dispose ! Impossible, n’y pensons même pas ! Si vous me consultez tous, ce n’est pas non plus (malheureusement) pour mon look super swag. Si Marianne et Sarko demandent en même temps mes conseils, c’est certainement qu’ils sont de mèche ! C’est la fameuse « Mariakozy » ! Le nouveau slogan de mon groupe sera donc désormais « Marianne, Sarkozy, et bien d’autres : ils nous font confiance ! Rejoignez-les ! »

Voilà, j’arrive à la fin de mon super « droit de réponse » ! A bientôt Marianne, bonjour à toutes les équipes, et à votre disposition si vous avez à nouveau besoin de mes services 😉« 

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